La filière banane


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En Guadeloupe...

En 1922, les premières plantations de bananes peuvent être observées à Gourbeyre et à Saint-Claude.

Dans le monde...

La production mondiale est estimée à plus de 2 millions d’hectares répartis sur les 2 ceintures tropicales du globe et les 5 continents, y compris l’Europe hors Antilles françaises, c’est-à-dire Madère (P), les Canaries (E), les Açores et la Crète.
15 % seulement de cette production fait l’objet de commercialisation exportée, le plus souvent vers les pays industrialisés :
Europe, Amérique du Nord et Japon. Cependant le Brésil et l’Inde classés 2e et 3e producteurs mondiaux, consomment la totalité de leur récolte. 75 % des échanges internationaux sont réalisés par 5 multinationales qui ont le monopole de la “banane dollar” originaire de la zone $ couvrant l’Amérique Centrale et du Sud.
Ce sont CHIQUITA - DEL MONTE - NOBOA - DOLE et FYFFES. Le reste de la production est originaire des pays ACP, des Antilles françaises et autres îles communautaires déjà citées.

Avant 1993...

Le marché européen, véritable patchwork de marchés nationaux juxtaposait une grande diversité de régimes d’importation, garantissant leurs productions et basés sur le protectionnisme.
A partir de 1962, les accords de Yaoundé puis de Lomé permettaient à la France de verrouiller son marché en en réservant les 2/3 à sa production DOM et en privilégiant les pays producteurs africains francophones. Chaque pays européen avait ses règles en limitant les quotas des entrées de bananes sauf l’Allemagne bénéficiant d’une clause du Traité de Rome lui permettant une entrée de la banane dollar qui deviendra peu à peu le “Cheval de Troie”.

L’O.M.C... Banane... 1er juillet 1993

(Entrée en vigueur du Marché Unique Européen : 01/01/1993)
Cette aide compensatoire aux producteurs européens avait pour principal objectif de contrebalancer la perte de revenus liée à l’ouverture du marché. Il est alors institué un contingent tarifaire de 854 000T pour la banane communautaire et l’octroi de licences d’importation aux opérateurs de ces produits.
2 clauses principales émergeaient :
- L’assurance de revenus adéquats pour les producteurs européens (le flou de cette assurance devait en être l’échec)
- Une aide structurelle destinée à accroître la compétitivité du secteur bananier. En effet, les salaires observés dans les zones ACP et surtout la zone $, sont alors de 10 à 50 fois inférieurs à ceux des Antilles et autres territoires européens.
Pourtant, la poursuite de cette concurrence déloyale car basée sur l’exploitation humaine et le non-respect des règlements en matière de traitement phytosanitaire des pays consommateurs, est à la base de l’échec des engagements initiaux. L’OMC a donc plus contribué aux faillites de planteurs qu’à leur défense !
La dégradation a été rapide, permanente, d’origine politique et obtenue sous la pression des consortiums américains relayés par les alliés européens des USA.
Dès l’entrée en vigueur de l’OMC, l’Allemagne qui devait démontrer ultérieurement ses alliances financières avec les USA, avait déposé un recours devant la Cour Européenne de Justice.
Les procès intentés à l’U.E et perdus, les compromis au relent de compromission au sein même de la Commission Européenne, qui défendait et reculait à la fois les tempêtes, ouragans et périodes de sècheresse qui ont frappés les Antilles pendant ces 10 dernières années ont contribué à ajouter des difficultés à la filière.

1994

Offensive de 5 pays producteurs d’Amérique Latine arguant une chute de devises et une diminution des surfaces plantées.
1er violation des engagements si proches, 200 000T supplémentaires sont accordés au contingent de la zone $ et des pays ACP non traditionnels.

1995...

L’élargissement de l’Europe, au lieu de redonner un nouveau souffle aux producteurs antillais, n’a fait que dégrader leurs revenus.
L’augmentation de 313 000 T des contingents d’importation a renforcé la suprématie de la banane extracommunautaire.

1996...

L’OCM est condamnée pour les mesures discriminatoires à l’égard de la banane dollar.

1999... nouveau régime OMC

Malgré la suppression des garanties de débouché des bananes communautaires, l’Organisation Mondiale du Commerce autorise les sanctions commerciales infligées par l’OMC et réclamées par les USA.

2001...

Signature entre USA et Commission Européenne d’un plan de démantèlement de l’OMC qui aboutira au 01/01/2006 à la libéralisation quasi totale du marché européen de la banane.


    EN CONCLUSION

    De 1993 à 2003, le bilan de l’OMC banane est édifiant :

      Suppression de la notion d’origine préférentielle.

      Suppression des licences d’importation d’où celle des interdépendances entre origines.

      Sur-approvisionnement du marché européen d’où chute des prix de vente donc de la trésorerie des planteurs.

      Maintien de la concurrence déloyale entre pays producteurs puisque l’énorme différence entre pays du coût de la main d’œuvre donc de la production reste une réalité qui semble avalisée.

      Les pertes cumulées des planteurs antillais aggravées par la réduction de fait de l’aide compensatoire conduisent les planteurs à l’asphyxie financière donc à des pertes d’emplois considérables.

      Le système de calcul de l’aide compensatoire défavorisant la banane antillaise est favorable à la banane des Canaries et de Grèce qui supportent des coûts de transport bien inférieurs du fait de leur proximité géographique des pays consommateurs.


    ALORS

      POURQUOI LES AMÉRICAINS SI PROTECTIONNISTES POUR EUX-MEMES FONT-ILS LA LOI EN EUROPE ?

      POURQUOI LA COMMISSION EUROPÉENNE EST-ELLE AUSSI INDIFFÉRENTE AU SORT DES PLANTEURS EUROPÉENS ?

      POURQUOI LA BANANE NE PEUT-ELLE PAS BÉNEFICIER D’UN PRIX MINIMUM GARANTI COMME C’EST LE CAS POUR LA CANNE À SUCRE ?

    Au rythme des mesures actuelles et annoncées, combien de planteurs seront encore planteurs demain... et malgré tout je continue à y croire et à faire appel à la jeunesse pour rénover et dynamiser cette noble profession !
    Tino Dambas (juin 2003)